VOIE DE LA LIBERTE EN SARTHE

UTAH BEACH 6 juin 1944

De 1783 à 1944, en Sarthe, La Fraternité Franco - Américaine

 

 

Le 25 août 1946, à Saint-Symphorien-Le-Château dans l'Eure et Loir, lors de l'inauguration de la première borne provisoire de " La Voie de la Liberté ", Son Excellencel'Ambassadeur desU.S.A. lit la déclaration du Général Dwight D. Eisenhower, Commandant en chef des Forces Alliées, écrite pour cette circonstance :

 

"Tous ceux qui suivent"La Voie de la Liberté" doivent se sentir pénétrés par l'esprit de camaraderie et de solidarité qui anima les soldats des Forces Alliées qui combattirent le long de cette route en 1944. La même unité est encore nécessaire si nous voulons maintenir le respect de la dignité humaine, la liberté dans le monde, et assurer une juste paix aux générations présentes et à venir".

 

Dans la Sarthe, cette Voie est aussi la résultante de la longue histoire de deux peuples.

 

 

 

En 1783, Brûlon et l'Indépendance des Bostoniens

 

Le curé de cette paroisse se réjouit de la signature de l'Indépendance des Etats Unis et pour clore l'année 1783, il note cet événement dans son registre paroissial des Baptêmes, mariages et sépultures :

 

"Cette année est encore remarquable par l'Indépendance des Bostoniens ou Etats Unis d'Amérique. Après une guerre de huit ans, ces peuples aidés de la France sont parvenus à secouer le joug des Anglais et à faire reconnaître par la paix qui vient d'être signée leur Indépendance. La France s'est vengée par-là de la honteuse paix de 1763. Les Anglais ont perdu la moitié d'eux-mêmes et de leurs revenus. Mais ils se sont fait honneur par la manière dont ils se sont battus. Nous voilà tranquilles et contents; mais ils nous retrouveront quand ils auront repris haleine, rétabli leurs finances qui sont endettés de plus de cinq milliards, argent de France et refait des hommes.

 

Ce curé de campagne a beaucoup d'informations traitant de l'actualité! Dans d'autres écrits, on découvre son esprit libéral. Mais pour avoir refuser de prêter serment il est enfermé dans la prison de l'Evêché.

 

 

 

La Fayette, député de la Sarthe

 

Ce jeune officier âgé de vingt ans en 1777, se met au service de l'Américain Georges Washington, et livre son premier combat à Philadelphie où il est blessé. C'est de là que naît une indéfectible amitié entre les deux hommes; Cette dernière conditionnera les relations entre les deux pays pour plusieurs siècles. La Fayette affiche des idées libérales en 1789. Il lit à tribune de l'Assemblée Nationale, le 11 juillet, la Déclaration des droits de l'homme et de l'homme vivant en société. En 1792, avec l'état-major de son armée stationnée à Sedan, il passe la frontière mais il devient, pour de nombreuses années, prisonnier des autrichiens.

 

Reprenant son activité politique, il est élu député de la Sarthe le 26 octobre 1818 par 569 voix sur 1955 votants, ses amis de la liberté. Ses idées républicaines sont parfois violemment contestées par la monarchie en place et ses déplacements dans la Sarthe sont parfois épiques. Grâce à un banquet organisé par ses supporters, le folklore sarthois s'enrichit d'un chant évoquant son passé.

Air : Du chant français

 

Nous vous possédons dans ces lieux

Sage Constant, bon La Fayette,

Le Ciel daigne combler nos vœux,

La Sarthe, enfin est satisfaite.

Par le délire des Manceaux,

Vous devez avoir l'assurance

Que les députés libéraux

Sont les idoles de la France (bis)

1 André Bouton : Les luttes ardentes des Francs-maçons Manceaux pour l'établissement de la République.

A New-York, La Liberté éclairant le Monde

Le 28 octobre 1886, cette statue, haute de 33 mètres et placée sur un piédestal de 34 mètres,est inaugurée. C'est le sculpteur alsacien, Frédéric Bartholdi qui veut commémorer par cette œuvre l'influence de la France et son action dans les luttes de l'Amérique du Nord pour conquérir son indépendance. Cette réussite artistique est aussi une avancée technique en utilisant une enveloppe extérieure en cuivre martelé reposant sur des gaines pour l'isoler de l'ossature intérieure en acier. Elle est devenue le symbole de l'entente FRANCO-AMÉRICAINE pendant tout le XX e siècle.

 

Les Sammies en 1917

Le sammy est un sobriquet amical donné, en souvenir de l'oncle Sam, au soldat américain venu combattre en France en 1917. A partir du 26 juin 1917, ces troupes débarquent dans les ports de Nantes, Saint-Nazaire et Brest et traversent la Sarthe pour se diriger vers Paris. Ainsi, le journal La Sarthe du 30 septembre relate que cet après-midi un convoi de 128 voitures sanitaires automobiles de l'armée américaine est passé au Mans pour se diriger vers Chartres et Paris. Cet axe de l'Atlantique à Paris devient la première VOIE DE LA LIBERTE empruntée par les Alliés. Pour ces derniers, le département se transforme en une terre d'accueil, une seconde patrie avec l'établissement de nombreux camps d'instruction. Ainsi, à Sillé-le-Guillaume, un détachement de volontaires Polonais émigrés aux Etats-Unis établit son cantonnement d'une capacité de 700 hommes. Il en est de même avec les camps de repos et les hôpitaux des villes et villages sarthois. 

 

Au Mans, au Carré Militaire du Cimetière Ouest du Mans, hommage devant leurs tombes, lors du centenaire de la création de l 'Armée Bleue, Polonaise, le 4 juin 2017.

L' èpigraphe de la présence des troupes Américaines en 1918 et 1919 au mans et dansla Sarthe

Apposée sur le mur de la Chambre de Commerce, Place de la République au Mans

 

Verdun et La Voie Sacrée

Dans toutes les familles de France, un des leurs combat à Verdun en 1916. Pour des millions d'hommes, cette Voie est la dernière étape d'un long calvaire. Sur cette route de 75 kilomètres, seuls les véhicules automobiles y ont accès. Ils démarrent de Baudonvilliers au sud de Bar-le-Duc avec un terminus au carrefour de Moulin-Brulé près de Verdun. Pendant les mois de mars en juin, le trafic mensuel dépasse 400.000 hommes et 500.000 tonnes sans compter les 200.000 blessés évacués. Dés le mois d'avril 1916, l'écrivain, Maurice Barrés appelle cette route la Voie Sacrée.Après la guerre, un comité de La Voie Sacrée et de la Liberté est formé. Il aménage cet axe en Espace de Mémoire et le jalonne de bornes couronnées du casque du Poilu. Raymond Poincaré l'inaugure le 21 août 1922. Actuellement, c'est l'Association Nationale du Souvenir de la Bataille de Verdun1 qui veille à sa conservation.

Au sommet du Monument aux morts de la commune de Vaas le sculpteur s'est inspiré de ces bornes pour y représenter un casque couleur bronze avec ses lauriers.

De même, la création de La Voie de la Liberté après la guerre de 1939-1945 est inspiré de la réalisation de son aînée et elle rend hommage à tous ces poilus de la guerre 1914-1918.

1 1 av. du Corps Européen, 55100 Fleury-devant-Douaumont.

RESISTANCE, Bombardements alliés et Pont Bailey

Bombardements de la gare du Mans
Pont routier sur la Sarthe
Pont Yssoir, dit Pont en X, août 1944
Le Génie Américain reconstruisait des ponts à la force des poignets des hommes.

 

 

 

LES PONTS BAILEY

 

L'Anglais Ronald Bailey naît en 1910 dans le Yorkshire. Il devient ingénieur dans l'armée, affecté au service expérimental des ponts. En 1941, il invente le fameux pont modulaire portant son nom. Chaque élément du pont est un panneau d'acier composé de 17 pièces, d'un poids de 285 kilos. Il mesure 3m. de longueur et 1,5 m de hauteur. Il est porté par six hommes sans moyen de manutention. Durant la bataille de Normandie, la 3e Armée de Patton, avec un bataillon de 600 hommes construit 41 ponts d'une longueur totale de 1500 mètres. "The Bridging-Platoon" correspond à une section de 40 sapeurs. Ainsi, 80 sapeurs peuvent monter un pont Bailey,TS (triple treillis) d'une longueur de 100 mètres et pouvant supporter un char, en 6 heures le jour ou 7 heures la nuit. Pour Patton, il est hors de question d'immobiliser une division pendant ce temps.

 

Dans la Sarthe, le quart des pertes américaines est dû à la maîtrise des ponts.

 

Au Mans, le pont de Fer est rendu à la circulation grâce à un pont Bailey et le trafic par chemin de fer de Cherbourg au Mans via Rennes est repris après la construction d'un pont prés de l'usine des Tabacs.

 

 

PATTON LIBERE LA SARTHE

Jean-Jacques CAFFIERI

 

 

De l'audace ! Encore de l'audace ! Toujours de l'audace !

DANTON

 

A ses troupes, le Général George S. PATTON répète inlassablement ce cri de guerre au quel il ajoute " N'écoutez pas ce que vous dit la peur".

 

AU SECRET SUR LE FRONT DE NORMANDIE;

Le 6 juillet 1944, un mois après le Débarquement, le C 47 du Général Patton atterrit près d'Omaha Beach. Il est accompagné de son fidèle ordonnance, le sergent George Meeks, de son chien, bull terrier, Willie. Il emmène sa jeep et de la lecture : le livre de Freeman sur la conquête de la Normandie en 1066 par Guillaume le Conquérant. Recherché par les Nazis, comme le plus dangereux ennemi du Reich, il se cache, avec son Quartier Général, dans un verger de pommiers du petit village de Néhou, dans la Manche. Pour les services de renseignements allemands, connaître sa résidence, c'est prévoir une sanglante offensive dans ce secteur.

 

PATTON ET GUILLAUME LE CONQUERANT

En 1943, en tournée d'inspection au Moyen-orient, Patton étudie les batailles s'étant déroulées dans l'Antiquité sur les sites visités.

Cette passion de l'histoire l'amène à commenter dans ses mémoires "La Conquête normande" de Freeman en s'intéressant aux voies empruntées par Guillaume le Conquérant lors de ses opérations en Normandie et en Bretagne, des routes assises sur un terrain constamment praticables y compris pour les contournements imposés par les destructions de l'ennemi.i

Patton peut rêver de la citation de Guillaume en 1063 " La ville du Mans est enragée comme une chienne, est très ancienne et son peuple, toujours prêt à la révolte contre ses maîtres, est insolent et sanguinaire".

Le 8 août 1944, la IIIe Armée du Général Patton s'empare du Mans sans qu'aucun de ses soldats ne soit tué.ii

 

LE " PONT-ENTONNOIR" DE PONTAUBAULT ( MANCHE)

Le 31 juillet, le pont de Pontaubault, sur la Sélune, au sud d'Avranches est pris par les Américains. Légèrement endommagé, il est rapidement remis en état.

Pendant toute la bataille de Normandie, toutes les armées américaines engagées vers la Bretagne, vers Angers et vers Le Mans empruntent ce pont. Ainsi

100 000 hommes, 1 500 véhicules dont la 2e DB du Général Leclerc franchissent cet unique passage.

Pour exécuter les ordres du Général Patton commandant la IIIe Armée, un planning d'utilisation de ce passage est établi pour les unités et leurs approvisionnements. Il détermine les jours de la libération des villes et des communes de la Sarthe suivant la priorité des actions et les emplois des Corps d"Armées lancés dans ces opérations.

i Hugh A. Harter "D'Utah Beach aux Ardennes"

ii Association des Anciens Combattants Franco-Américains

LES ARMEES ALLEMANDES EN SARTHE

Le poste de commandement de la VIIe Armée est basé dans le blockhaus du lycée Berthelot. Au début du mois d'août, il ne reste dans le Maine que "des débris, des traînards, et du personnel de ravitaillement" selon un officier de l'état-major allemandi. Leur mission consiste dans l'évacuation de tous les dépôts de munitions et de carburants installés dans les bois aux alentours du Mans. Mais le haut commandement implante dans la Sarthe le LXXXI Corps. Il comprend la 9e Panzer division ré équipée dans le sud de la France après une intense campagne sur le front russe. C'est une unité très aguerrie dont le premier engagement se situe à Aron (Mayenne). Ses moyens de défense sont renforcés par la 708e division d'infanterie et des éléments de la 5e division de paras et de la 13 flak. Ce sont ces unités expérimentées qui affrontent les Alliés dans la Sarthe.

Le général Hausser, commandant la 7eme Armée, organise dans les bocages de Normandie et du Maine la guerre des haies, la guerre de brousse. C'est une guérilla, sans une ligne de front matérialisée, mais avec des postes de combat répartis à l'abri de milliers de kilomètres de haies. L'officier des opérations du LXXXI e corps accentue cette tactique en émiettant sur le terrain les nouvelles unités au fur et à mesure de leur arrivée.

i Blumenson "La Libération, l'histoire officielle américaine"

 

A L'EST, DE L'AUDACE !

Le 31 juillet, lors d'une conférence, Patton exhorte ses hommes et leur demande de toujours presser l'allure pour éviter les pertes sans se soucier de protéger les flancs des unités. Chaque poche de résistance est contournée, dépassée, avant son traitement par l'aviation et les renforts terrestres.

Le 5 août, après la prise de Mayenne, Patton est autorisé de foncer sur Le Mans avec son XV e Corps d'Armée. Il est commandé par le Général Haislip et composé de la 5eDB US, la 79e DI et la 90 DI, soit une division blindée et deux divisions d'infanterie.

contournement de la cité mancelle par l'est et le nord-est. Dans la matinée, un nouvel accrochage avec la mise hors combat d'une dizaine de camions allemands se produit au Bois-Martin sur la commune de Changé. Après avoir traversé l'Huisne sur le pont d'Yvré, resté intact, les chars Sherman livrent bataille à des blindés allemands dans l'agglomération d'Yvré-l'Evéque. En fin de soirée, la 5e DB US reprend sa progression vers l'ouest mais au nord du Mans, traverse le bourg de Sargé et dépasse un convoi anéanti par l'aviation américaine qui exploite les renseignements fournis par la Résistance. Vers minuit, au terme du bouclage de la ville, elle bivouaque aux Coudrays, en bordure de la route du Mans à Mamers sur le territoire de Neuville.

 

L'APPUI AERIEN

 

Le 7 août, l'Armée Patton accomplit une chevauchée fantastique de plus de 70 kilomètres qui se termine aux portes du Mans. Ses troupes empruntent les routes principales comme celle de Laval au Mans. Cet itinéraire facilite la couverture aérienne de l'opération par un repérage aisé. Quatre bombardiers se relayant toutes les demi-heures éclairent les chars des têtes de colonne. Ces blindés sont en liaison permanente avec les pilotes des avions à l'aide d'appareils de radio. Les points de résistance sont ainsi détectés et détruits avant l'arrivée des troupes terrestres. Des avions légers de reconnaissance, les fameux Piper Cub complètent les informations sur le champ de bataille. Ce soutien aérien nécessite la construction urgente d'aérodromes de proximité au fur et à mesure de l'avance des troupes.

La tactique du contournement de l'obstacle est notamment appliqué à Aron et à la Forêt de la Grande-Charnie.

Au matin du 7 août, la 79e se dirige vers Brûlon et Loué. C'est dans ce village, en soirée, que le colonel Donalson et deux de ses soldats sont tués dans une embuscade. La division gagne Vallon-sur-Gée, Souligné-sous-Vallon, Saint-Georges du Bois et Pruillé-le-Chétif.. Dépendant de la 90e DI, le colonel Barth avec le 357e R.I. quitte Sainte-Suzanne et traverse la forêt de la Grande Charnie vers 15heures. Il traverse Saint-Symphorien, Bernay et atteint la Quinte peu avant minuit. Le 8 août en début d'après midi, ce régiment détruit une cinquantaine de véhicules allemands aux Maisons-Rouges. Cette destruction bloque la route de Laval au Mans et retarde l'arrivée de la division au Mans

Le 8 août, la 79e et la 90e libèrent la ville du Mans.

Quant à la 5e DB US, venant de Château-Gontier, elle arrive dans la Sarthe par Poillé-sur Végre et Sablé. Elle libère Chantenay, Noyen, La Suze et traverse la Sarthe à Fillé et à Spay. Des engagements sérieux avec de petites unités allemandes très combattives jalonnent cette route : Poillé, Asnières-sur-Végre, Maigné. Le 8 août, elle anéantit une force allemande importante et met hors de combat une trentaine de véhicules entre Spay et Arnage. La journée est consacrée à un vaste

 

AU NORD, ENCORE DE L'AUDACE !

Dés le 30 juin, le Maréchal Montgomery envisage la destruction de l'armée allemande en effectuant un large cercle au sud du bocage avec la prise de Laval, du Mans et d'Alençon.

Le 9 août à l'aube, le général Patton donne l'ordre au général Haislip commandant le XV e Corps d'Armée de changer de direction et d'attaquer rapidement en direction du nord pour investir Alençon. La 2e DB française renforce, au sein du XV e Corps, la 5eDB. Celle-ci, la 79e DI et la 90e DI se positionnent pour déclencher l'offensive le 10 août.

 

L'ENFANT CHERI DE LA 3e ARMEE

"By careful planning and supervision the 2d French Armored Division" i

Ces directives de Patton sont claires, "par la planification et la surveillance soigneuses", la 2e DB française doit être accueilli par les Américains comme leurs ancêtres ont reçu les troupes de Rochambeau en 1781.

Dés l'aube, le général Haislip ordonne à la 5e DB de sécuriser l'aire de départ des divisions.

Les Archives du mouvement de Résistance OCM, Organisation Cicile et Militaire,

détiennent le rapport du capitaine Roger Caffieri, officier d'état-major, chef de la résistance de Sargé et de Neuville. Il concerne les combats du 9 août à Neuville.ii

" Le 9 août, à 6 heures 30, à 200 mètres de chez moi, je constate la présence d'un bivouac de chars américains. Je me présente immédiatement au Général Oliver commandant la colonne, et je lui fournis tous les renseignements utiles sur la situation des troupes allemandes au Nord du Mans et dans la région de Neuville-sur-Sarthe. Le Général m'a demandé ensuite de lui indiquer les points et les routes à tenir et de lui faire le plan de déploiement de ses chars et de son artillerie entre la Sarthe (Neuville) et l'Huisne (Parence). Le départ des américains est fixé à 10 heures, le premier accrochage a lieu cinq minutes après sur la route de Neuville, à 500 mètres du bivouac".

Ainsi les FFI sont les partenaires des Américains pour accueillir leurs frères d'arme venus d'Outre Mer pour livrer leurs premiers combats en métropole.

A 12 heures, le Général Oliver reçoit l'ordre de s'emparer de tous les gués et de tous les ponts sur la Sarthe et sur l'Orne Saosnoise jusqu'à Beaumont et Marolles -les-Braults pour les mettre à la disposition de la 2e DB au matin du 10 août.

Au soir de cette journée, Neuville et les villages aux alentours sont libérés et deux ponts sont construits dans la nuit pour la 2e DB.

Le 10 août; le Général Leclerc installe son PC à Neuville-sur-Sarthe.

Dans le journal de marche de la 5e DB US au mois d'août, ce commentaire est écrit " les civils français ont donné des excellentes informations qui ont sauvé beaucoup de vies et d'équipements".

i National Archives and Records Service, Washington DC 20409

ii  Archives de l'Association pour la Résistance Intérieure Sarthoise

 

 

 

 

 

  

L'OFFENSIVE

De violents combats sont engagés pour la prise des ponts sur l'Orne Saosnoise à Ballon, Marolles-les-Braults et Courcival. La 5e DB perd 20 soldats sur ces lieux. Après le franchissement de la rivière, elle s'élance vers Mamers qu'elle conquière le 11 août De son coté la 90e DI prend Fresnay-sur-Sarthe et la 79e DI se bat à l'est de Bonnétable. Ces deux divisions sont, en outre, chargées de garder les ponts de l'Orne. Le 12 août toutes ses unités atteignent le département de l'Orne.

LES RHINOS

 

Pour rendre la liberté à la Normandie, les alliés doivent investir chaque petit champ défendu par des haies et ne pouvant nourrir qu'une vache. C'est donc des millions de "redoutes" qu'ils assiégent. Pour un char, traverser une haie en grimpant sur son talus, c'est présenter sa partie basse, légèrement blindée, aux terribles canons allemands de 88. Il se produit une véritable hécatombe de blindés. Pour l'enrayer, le sergent Curtis G Culin du 102e escadron de reconnaissance de la cavalerie soude sur un tank des morceaux de tétraëde antichars des hérissons tchèques posés par Rommel sur les plages. Disposées comme des défenses de rhinocéros sur le devant du char, ces dents déchiquètent les obstacles et permettent le passage à l'horizontal des engins. Ce dispositif est ensuite généralisé.

Libération de Mamers

AU SUD EST, TOUJOURS DE L'AUDACE !

Un régiment de la 5e DI dépendant du XX e Corps d'Armée prend Angers après avoir libéré La Fléche le 10 août. Un de ses bataillons investit Nantes. A partir du 12 août, Patton dirige cette division vers le nord-est par le Lude, Château du Loir et Saint-Calais et se repositionne vers La-Ferté-Bernard en vue d'une offensive sur Paris. Le 12 août également, la 7e DB, après son débarquement à Omaha Beach, roule vers Le Mans et La-Ferté-Bernard.

A partir du 13 août, le XII e corps d'Armée se concentre au Mans et le lendemain part vers Blois en dégageant la route de Saint-Calais. Sillé-le-Guillaume est libéré par la 80 DI après les combats de Aron en Mayenne. Le débarquement échelonné des troupes américaines et leur passage sur le pont de Pontaubault conditionnent directement la Libération de la Sarthe. La même semaine, un bataillon investit Nantes et deux divisions libèrent Le Mans!

Pendant plusieurs mois, le flanc droit de la III e Armée s'établit sur la rive droite de la Loire.

Les Américains ayant donné leurs vies pour libérer la Sarthe

Guy de la VASSELAIS,

co-auteur du projet de la Voie de la Liberté1

Il est né en 1902. Au cours des combats de 1939-1939, il devient prisonnier des Allemands. S'étant évadé, il entre dans la Résistance en métropole avant de rejoindre l'Afrique du Nord. Il est affecté comme chef de liaison tactique prés de la 3e Armée américaine commandée par le Général Patton. Sa campagne de France commence à Sainte-Mére-l'Eglise et il accompagnera le XX e Corps de la 3e Armée durant toute la Campagne.

Après la victoire du 8 mai 1945, le 6 juin, au cours d'une célébration pour le 1er du débarquement en France, le commandant de la Vasselais déclare:

La VOIE DE LA LIBERTE est née dans mon cœur dés que, en juin 194', sur les côtes de Normandie et, qu'au cours des combats pour la libération de la France, j'ai vu tomber mes frères d'armes, ces jeunes hommes de la grande République des Etats-Unis, à plus de six mille kilomètres de leur ciel j'ai pensé que leur courage dépassait –en grandeur-celui des soldats se battant pour leur propre patrie. L'amour de la liberté était le seul idéal qui dominait leur action. Après avoir tant souffert de l'Occupation ennemie, la France se devait d'immortaliser – pour des siècles- sa Libération, par un souvenir grandiose. Des monuments, de place en place, n'auraient pas eu le caractère suffisant pour exprimer à nos alliés la reconnaissance de notre pays.

La" Voie de la Liberté", réel chemin de croix, voie sacrée baignée du sang généreux des enfants de la grande République amie, associant, dans un même élan, grandes villes et petits villages, est l'hommage démocratique de la Terre de France à la Terre d'Amérique.

Dés 1945, au cours d'un voyage au Texas, il exprime son intention à M. Gabriel Hocquard, maire de Metz, ville libérée par la 3e Armée américaine.

Le 5 juin 1946, à Granville, les maires des villes concernées dont ceux de Rennes, Angers, Chartres, Saint-Symphorien ( Eure et Loir ), Metz crée un comité provisoire du passage de la liberté. Le 25 août 1946, La première borne provisoire est inaugurée sur le site des Essarts en bordure de la RN10, commune de Saint-Symphorien. Elle est située à mi-parcours entre Utah-Beach (590 km) et Metz '554 km).

Les Bornes de la Liberté

C'est le sculpteur François Cognéqui crée cette borne-monument. Moulée en forrelite, pierre reconstituée, elle représente un menhir, symbole des premières constructions humaines qui ont défiées le temps et les changements de civilisation.

D'une hauteur de 1,22 m, d'un diamètre à la base de 0,61 m, chacune pèse 122 kilos. Ces bornes sont placées à chaque kilomètre de cette Voie de la Liberté.

Sur la Bannière Etoilée des Etats Unis, chaque bande blanche et rouge représente un des états devenu indépendant en 1783 avec le concours de La Fayette. Quant aux étoiles blanches sur fond bleu, elles représentent chaque état composant l'Union. Si

actuellement elles sont 50, pendant les deux Guerres Mondiales, elles étaient au nombre de 48. Ce sont ces 48 étoiles qui sont placées comme une coiffure sur le

1 Saint-Symphorien-le-Château, Collectif communal

sommet de cette pierre. Elles symbolisent l'origine des combattants venus de chaque Etat. Un cartouche central nous rappelle qu'elle est une partie intrinsèque de cette Voie de la Liberté. Le motif central reprend l'image de la flamme de " La Liberté éclairant le Monde" placée à l'entrée du port de new-york. Cette œuvre du Sculpteur français Bartholdi et offerte aux Américains par les Français.

Sur l'encorbellement de la torche, la lettre "A" évoque l'Amérique. A la base, les lignes ondulés bleues correspondent à la traversée de l'Atlantique et au Débarquement de Normandie.

 

Le Comité National de la Voie de la Liberté

Il est constitué définitivement en 1947 et il est placé sous le haut patronage de M. Vincent Auriol. C'est cette association qui agrée le projet de M. Cogné et qui fixe le tracé de cette Voie. Deux bornes seulement portent un numéro spécifique : le 0 installé à Sainte-Mère-Eglise et plus tard en 1947, le numéro 00 placé devant Utah Beach lors du prolongement de cette Voie jusqu'à Cherbourg. L'itinéraire primitif débute à Sainte-Mère-Eglise où eu lieu le premier parachutage le 6juin 1944, passe par Saint-Lô, Rennes, Angers, Le Mans, Chartres, Fontainebleau, Epernay, Reims, Verdun, Thionville, Metz, le Grand-duché du Luxembourg et Bastogne, ville belge libérée le 21 janvier 1945.

Le 17 septembre 1947, à Fontainebleau, La Voie de la Liberté est inaugurée par Paul Ramadier, président du conseil, François Mitterrand, ministre des Anciens Combattants, L'ambassadeur des Etats-Unis, Guy de la Vasselay, et Gabriel Hocquard, maire de Metz.

Sur cette Voie de la Liberté, à Saint-Symphorien dans l'Eure et loir, un Mémorial est élevé en 1971. Son obélisque d'une hauteur de 14 mètres est en granit de Bretagne. Elle est placée sur une plage de granit blanc de Vire. Sur la stèle est inscrite ce texte

"De cette région, les forces alliés s'élancèrent pour libérer Paris en août 1944, la Seine étant traversée au nord à hauteur de Mantes et au sud à hauteur de Fontainebleau.

La 2e DB Française était rattachée à la 3e Armée du Général Patton. Les blindés du Général Leclerc sont entrés à Paris le 25 août 1944 après avoir libéré Chartres et le nord de la Sarthe.

En 1992, La Liberty Road Fondation, association franco-américaine est créée. Un de ses buts est d'entretenir l'esprit de cette voie symbolique et de perpétuer la signification de cette route symbolique….

 

La Voie de la Liberté et la Résistance

En cachant des aviateurs alliés et en assurant leur rapatriement, les résistants prenaient des risquent mortels pour eux et pour leur famille. Aussi, le Débarquement, ce premier pas vers la liberté est attendu chaque soir, en écoutant la Radio de Londres qui diffuser de nombreux messages qui leur sont Destinés.

Sur les bornes-monuments de cette Voie, les ondulations bleues leur suggèrent ces vers de cette Chanson d'Automne composée par Verlaine :

Les sanglots longs

Des violons

De l'automne

 

Blessent (berce) mon cœur

D'une langueur monotone.

Ces deux messages dont le second est crypté (berce) sont envoyés dans la nuit du 1 au 2 juin 1944 et du 4 au 5 et annoncent le Débarquement. C'est le signe d'un grand espoir et les vagues représentent aussi les difficultés en creux et les réussites de cette armée de l'ombre.

 

GUY de La VASSELAIS
Le A pour la 3ème Armée Américaine du Général Patton

La Voie de la Liberté : une réflexion sur la liberté ?

Ce monument linéaire de 1146 kilomètres, composée d'autant de menhirs rappelle que la liberté a un coût et qu'elle exige une vigilance de chaque instant;

Dans la Sarthe, ce monument compte 104 représentations. A ces pierres, on peut y associer plus de 100 Américains tués pour libérer la Sarthe ainsi que plus des centaines de "gars" de la Division Leclerc qui ont perdu la vie en Sarthe et Qui sont inscrits sur le monument de Fyé. Il ne faut pas oublier non plus tous les Résistants Sarthois et tous ces Sarthois de l'Armée de Lattre combattants sous d'autres cieux.

Ainsi chaque borne peut devenir une stèle ayant une autre signification qu'un repère kilométrique.

 

Monuments et stèles élevés à la mémoire des

AMERICAINS MORTS, EN SARTHE, POUR NOTRE LIBERTE

Sablé sur Sarthe
Cérémonie à LOUE, Sarthe
Monument à LOUE, Sarthe
L' épigraphe de Loué
Loué, Sarthe
Monument où est tombé le Lt Onias -G-MARTIN à Bonnétable

LA VOIE DU SERMENT DE KOUFRA RELIE LES VILLES LIBEREES

PAR LA 2ème D. B.

DU GENERAL LECLERC 

Borne N° 1 à Saint Martin de Varreville

BORNE DU SERMENT DE KOUFRA SAINT MARCEAU, SARTHE

Mémoire réalisé le 3 avril 2018 par :

Jean - Jacques Caffieri

Délégué Départemental des Anciens Combattants Franco - Américains

Délégué Général Honoraire du Souvenir Français 72

Président des Comités du Mans et de Sargé du Souvenir Français