La Somme-Poppies-Brexit, quel siècle?

Neuville sur Sarthe, cliché du 4 juin 2016, par J. - J. Caffieri

Ces POPPIES, coquelicôts n'ont pas fleuri sur le vieux « Battle fields », le champ de bataille de la Somme, au printemps 1915 et 1916. Mais ses cousins végétant dans ces plaines dévastées par les explosions et abreuvés du sang des hommes ont été élevés au symbôle international de « Fleurs - souvenir » en particulier dans l'Empire Britannique mais aussi parmi des anciens combattants Américains.

Cathédrale du Mans Cliché du 22 juin 2016, par A. Lemoine et L. Lesaint, en mission de J. - J. Auduc
Sur un char, l'écusson de la 5ème D. B. U.S., archive de J. - J. Caffieri

L'épigraphe (premier cliché) a été posé à la mémoire d'un million de morts de l'Empire Britannique pour notre liberté. Aussi, pourquoi leur offrir ce Brexit, fruit de différends alors que les Poppies, dédiés à leur mémoire, fleurissent sur les terres européennes.

 

A Neuville, ces Poppies, le 18 juin 1940, en pleine floraison, ont été envahis, salis, souillés par les nazis.

Quatre ans après, dans ce champ, les Poppies défleuris ont accueilli les jeunes Américains, venus avec toute la 5 D. B. U S. (cliché du bas ). Elle y a bivouaqué dans la nuit du 8 au 9 août 1944 et la matiné du 9 août.

Breifing FRANCO - AMERICAIN

 

Les Archives du mouvement de Résistance OCM, Organisation Civile et Militaire,

détiennent le rapport du capitaine Roger Caffieri, officier d'état-major, chef de la résistance de Sargé et de Neuville.

Il concerne les combats du 9 août à Neuville.

" Le 9 août, à 6 heures 30, à 200 mètres de chez moi, je constate la présence d'un bivouac de chars américains. Je me présente immédiatement au Général Oliver commandant la colonne, et je lui fournis tous les renseignements utiles sur la situation des troupes allemandes au Nord du Mans et dans la région de Neuville-sur-Sarthe. Le Général m'a demandé ensuite de lui indiquer les points et les routes à tenir et de lui faire le plan de déploiement de ses chars et de son artillerie entre la Sarthe (Neuville) et l'Huisne (Parence). Le départ des américains est fixé à 10 heures, le premier accrochage a lieu cinq minutes après sur la route de Neuville, à 500 mètres du bivouac".

Ainsi les FFI sont les partenaires des Américains pour accueillir leurs frères d'arme venus d'Outre Mer pour livrer leurs premiers combats en métropole.

(Ce rapport est également dans les archives de Mme Lucette Bourdin, Présidente honoraire

des C. V. R. de la Sarthe)

 

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A l'horizon, derrière les arbres, au lieu dit les Jubinières à Sargé lès le Mans,

des unités militaires ont stationnées.

 

Guerre de 1870 – 1871

Le mardi 20 décembre 1870, aux Jubinières, les 84 sapeurs et leur encadrement de la 1ère Section de la 4ème Compagnie bis du 2ème Régiment de Génie de la 1ère Division du 21ème Corps d'Armée, commandée par le Capitaine Lourier viennent y établir leur cantonnement. Ils sont chargés de renforcer la défense nord-est du Mans et la rive gauche de la Sarthe en y construisant des redoutes, des casemates et des épaulements de batteries d''artillerie sur Sargé, Savigné et Yvré.

Le 12 janvier à 11h30 cette section de sapeurs reçoit l'ordre de départ pour Le Mans afin de miner le pont Yssoir et de le détruire, sous la mitraille des Prussiens.

« Extraits de : Histoire du commandant Philippe PIERRE, 1870 - 1871 »

 

 

Guerre de 1939 – 1945

La 10ème Batterie du 31ème Régiment d'Artillerie Divisionnaire se constitue le 2 septembre 1939 au hameau des Jubinières, commune de Sargé ( Sarthe ). Elle embarque au Mans le 12 septembre 1939 pour les Ardennes. Elle est devenue le 20 novembre 1939 la Batterie Divisionnaire Anti Chars du 45ème R A D.

« Archives du SHAT, Vincennes

 

L' occupation nazie aux Jubinières, ilot de résistance discrète

A l'horizon, à gauche de la photo, nous avons une allée de tilleuls. Dans les années 1990, j'ai rencontré M. Rapicault de Sillé le Philippe, il m'a appris, 50 ans après, qu'il avait planté ces arbres en 1942, en pleine guerre, en tant que Réfractaire au Service du Travail Obligatoire en Allemagne, sans papier, caché par mon père. La Loi sur le S. T. O. est signée le 17 février 1942. Le 1er mars 1942, mon père, du réseau O.C.M., sur sa ferme de 30 hectares, embauche 4 travailleurs agricoles exemptés de ce fait de travailler en et pour l'Allemagne nazie. Deux ou 3 réfractaires sans papiers complétent l'effectif. Ils resteront jusqu' à la libération et même après. Il fallait leur trouver sur place du travail et financer leur salaire. Ces employés côtoient de temps à autre des Sénégalais en transit vers des caches plus éloignés et les maquis.

Dernièrement, un de ces anciens employés, Fernand, me confiait avec un sourire enthousiasme qu'il avait été heureux de voir sur les toits des Jubinières, les pigeons voyageurs cherchant leur orientation avant leur envol vers la Grande Bretagne. Ces messagers de la Résistance étaient aussi les porteurs de leur espoir de libération et de paix.

 

 

 

( Archives Roger Caffieri)

 

Alors, pourquoi, après tant de sacrifices dans cette union pour la liberté, se déchirer dans un Brexit difficilement compréhensible ?

Merci à Jean – Jacques Auduc, Louis Lesaint, André Lemoine d'avoir permis cette évocation

 

Jean – Jacques Caffieri le 2 juillet 2016